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Le domaine, propriété des Perier au XIXè siècle

En 1780 les Villeroy vendent l'ensemble de leur possession à Claude Perier, père d'Augustin qui avait installé dés 1777 une fabrique de papiers peints dans le château. Reconvertie par la suite en manufacture d'indienne, l'entreprise connaîtra un développement fulgurant qui décidera les Perier à étendre la manufacture à l'ensemble du château et des terrains environnants. Les grandes salles du château (salle d'armes et grande galerie) seront alors utilisées comme ateliers. Les jardins deviendront pour leur part des étendages destinés au séchage des tissus produits dans la manufacture.

En 1788, après une tentative de coup d'Etat, Louis XVI tente d'imposer l'enregistrement manu militari d'un édit réduisant les prérogatives et attributions politiques des Parlements locaux afin de restaurer une monarchie omnipotente. Les dauphinois, qui tiennent en grande estime leur Parlement, voient en celui-ci un protecteur contre toute exaction royale et un défenseur des vieux privilèges de la province. Ils s'insurgèrent contre l'exil de leur Parlement à Grenoble le 7 juin 1788 en décochant tuiles et pierres sur la garde royale. Cette révolte couramment appelée « journée des tuiles » amènera l'assemblée du Conseil Général de Grenoble à réclamer la réunion des Etats Généraux du Royaume, en préalable à la convocation des Etats provinciaux. Pour cela il fut rapidement décidé d'organiser l'assemblée des trois ordres du Dauphiné. Augustin Perier gagné par les idées libérales acquises lors de ses voyages en Angleterre invitera dans la salle du Jeu de Paume du Château de Vizille cette assemblée interdite de réunion à Grenoble. Pour Augustin Perier, la réunion des Trois Ordres du Dauphiné à Vizille représentait une opportunité à saisir pour faire son entrée sur la scène politique.
Cette assemblée composée de cent quatre-vingt-sept membre du Tiers-état, quarante-neuf membres du clergé et cent cinquante-neuf membres de la noblesse, soit au total trois cent quatre-vingt-quinze délégués, se tînt donc au château de Vizille le 21 juillet 1788. La réunion de cette assemblée constitue un des évènements fondateurs de la Révolution Française, plaçant ainsi le Domaine de Vizille au cœur de l'histoire de France.
Cet événement permettra au château et à la famille Perier de traverser sans dommage la période tumultueuse de la Révolution française. Claude Perier devra cependant se plier aux ordres du procureur syndic du district de Grenoble qui réclamait la suppression de tous signes de féodalité. Ainsi, la statue équestre du connétable, les girouettes à panonceaux des toitures et insignes multiples de l'époque de Lesdiguières, symboles de la monarchie, seront supprimés.
Profitant des troubles, certaines personnes inciteront le maire de Vizille à réclamer la propriété de certains terrains et canaux du domaine. Grâce aux actes conservés dans les archives du château, Claude Perier et son fils purent sans peine justifier la légitimité de leurs propriétés.

Lors du décès de Claude Perier en 1801, le domaine et la manufacture furent légués à son fils, Augustin-Charles Perier, négociant et banquier, député de l'Isère en 1827 et pair de France en 1832. En 1810, il ajouta à l'industrie une entreprise de tissage puis, en 1819, une filature installée dans un nouveau bâtiment.

« En 1825, un incendie éclata dans une salle d'impression du château, près de l'étendage. Favorisé par l'accumulation des toiles, des gravures de la fabrique et du bois de chauffage, le feu embrasa la charpente du XVIIème siècle. La majeure partie des aménagements, des ornements ainsi que le mobilier mit en place par Lesdiguières et ses successeurs disparurent dans les flammes. Augustin Perier entreprit alors de reconstruire le château et de recréer des appartements tout en cherchant à redonner à l'ensemble un aspect proche du château d'origine du Connétable. »

En 1827 il décida du creusement d'un tunnel sous le rocher de Vizille permettant ainsi de relier le bourg de Vizille à la route de Vaulnaveys, passage qui s'effectuait auparavant par la rampe du château qui devînt alors sans-issue. Il semble que ce tunnel ne sera en service qu'à partir de 1836.
Après le décès d'Augustin Perier en 1833, le domaine et les industries sont légués à l'un de ses fils, Adolphe-Joseph-Scipion Perier, industriel, conseiller de la Cour des Comptes, époux de la petite fille de Lafayette. C'est ce membre de la famille Perier qui sera à l'origine du remaniement des anciens jardins réguliers, ou du moins ce qu'il en subsistait, en parc Romantique.
Il créa également une fabrique d'impression sur étoffe en remplacement de la manufacture de toiles peintes, introduite par Claude Perier, son grand-père. Cette fabrique fut installée dans les nouveaux bâtiments construits à droite de l'entrée du parc.

En 1839, Adolphe Perier abandonne la gestion de l'entreprise et la démembre, louant séparément la filature et les ateliers d'impression. La même année, le château et son portail sont portés sur la liste des monuments historiques. D'importants travaux de restauration sont entrepris à partir de cette date jusqu'à la vente du domaine à Jean Imbert ; ils concernent l'escalier monumental, la toiture, la cour d'honneur et son escalier, les façades, le portails de la cour du Connétable, etc...
Alors que les restaurations du château ne sont pas encore achevées, celui-ci est de nouveau frappé par un incendie dans sa partie Est, le 17 février 1865. L'aile du Jeu de Paume, et la grande galerie (située au-dessus de l'orangerie) sont gravement atteintes par les flammes. Les autres parties du château sortent presque indemnes de cette nouvelle catastrophe.
Au lendemain du sinistre, Casimir-Perier envisagea de faire reconstruire totalement les bâtiments détruits par les flammes. Il n'en sera rien. Les travaux reprennent au château tant pour effacer les dégâts occasionnés par l'incendie que pour terminer les travaux déjà entrepris. La salle du Jeu de Paume et la grande galerie, derniers témoins de l'assemblée de Vizille, seront définitivement démolis à l'occasion de ces travaux qui s'achevèrent en 1866. Le bâtiment de l'orangerie, constituant la base de l'aile de la grande galerie sera conservé et conforté. Adossé au verrou rocheux, l'extrados des voûtes de ce bâtiment arrive approximativement au niveau de la cour d'honneur. La destruction de la grande galerie devient donc prétexte à la construction d'une terrasse sur l'orangerie. La cour d'honneur se voit donc agrandie par ce nouvel aménagement qui constitue un belvédère sur le parc, dans cette cour autrefois aveugle.

Après le décès d'Adolphe Perier en 1862, le domaine est mis en adjudication. Le domaine est alors acquis par une autre branche de la famille Perier. Henry-Frédéric Fontenillat, beau-père d'Auguste Casimir-Perier, devint propriétaire du domaine de Vizille. Important personnage, H.F. Fontenillat poursuivra l'œuvre de restauration du château entrepris à partir de 1862. Il prit notamment en charge la restauration de l'escalier monumental qui était alors en fort piteux état. La restauration de cet escalier sera confiée à l'entrepreneur Pierre Pras.

Après le décès de H.F. Fontenillat en 1864, sa fille Camille et son gendre Auguste Casimir-Perier, perpétuent les restaurations et l'entretien du château.

Lors du décès de A. Casimir-Perier, sa veuve Camille Fontenillat, reste seule maîtresse du domaine, et ne semble pas avoir d'action particulière en faveur du château et du parc. En 1895 elle finit par vendre le domaine à l'industriel, Jean Imbert.

 

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Domaine de Vizille
Musée de la Révolution française

Place du Château
BP 1753
38220 Vizille

Téléphone : 04 76 68 07 35
Courriel : musee.revolution@cg38.fr
www.domaine-vizille.fr
Entrée gratuite pour tous !